Histoire du Tango:

 

Il naît au sud de l'Argentine. C'est une danse de provocation, de l'insolence, un défi lancé par des ruffians (libertins, débauchés) pour devenir par la suite une danse de l'âme en peine. Le tango est une musique plaintive et nostalgique. Il est très proche du blues par l'image qu'il veut projeter. Il exprime le mal de vivre et les déboires que la vie nous inflige. Les textes retracent la vie de Buenos Aires et contiennent des phrases de contestations d'ordre moral ou social. L'amour malheureux, l'image du voyou, les personnages féminins (la femme maîtresse ou la mère protectrice) mais aussi la mort sont les thèmes importants décrits par le tango. C'est à travers le bandonéon (sorte de petit accordéon) que s'exprime toute la mélancolie du tango. Sa sonorité plaintive en fait un instrument de choix..

Le tango arrive en Europe à la veille de la première guerre mondiale. Il devient rapidement une consécration en Europe avec l'apparition des premiers enregistrements et des clubs de danse. L'impulsion sera donnée au tango à travers la voix de Carlos Gardel, un argentin émigré en France.

Traditionalistes contre évolutionnistes:

Tel est le conflit artistique qui opposent deux manières de concevoir le tango. Les premiers sont de tendance académique, ils entendent rester rivés à leurs chevalets, les seconds veulent faire bouger les choses, une fois de plus. Mais tous portent le tango à un degré de sophistication jamais atteint. L'équilibre entre voix, instrument soliste (bandonéon, piano, violon) et orchestre prend des formes idéales. Les têtes d'affiche sont alors les poètes Enrique S. Discépolo, Homero Manzi, les musiciens Osmar Maderma, Osvaldo Pugliese, Alfreddo Gobbi fils et surtout le bandéoniste Aníbal Troilo.

Il faudra l'arrivée du compositeur Astor Piazzola dans les années 70 pour parler de " tango nuevo ". Il devient une musique de concert. Le rythme traditionnel laisse place à un rythme plus nuancé avec une respiration différente. Il rompt avec la continuité rythmique obsédante utilisée pour la danse.

Astor Piazzolla (1921-1992) est un Argentin de New York. Jeune musicien prodige, il manque de rejoindre l'orchestre de Carlos Gardel. Rentré au pays, il joue pour Anibal Troilo, novateur avec lequel pourtant il est souvent en désaccord. Très ouvert sur toutes les musiques modernes de son temps, Piazzolla se lance dans la composition durant les années 1950. Ses œuvres d'inspiration classique déconcertent et le voilà mis au ban de la société tanguera. Son salut va venir de Paris où il se rend pour étudier la composition auprès de Nadia Boulanger. Celle-ci le convainc d'abandonner la musique savante européenne pour se consacrer au tango. De retour au pays, Piazzolla fonde l'Octeto de Buenos Aires, puis le bien nommé Quinteto Tango Nuevo en 1960.

Le tango nuevo va relancer l'intérêt pour la musique du Rio de la Plata à travers le monde. Piazzolla est l'incontestable chef de file de ce renouveau pour lequel œuvrent également les musiciens tels que Horacio Salgan et son Quinteto Real, Leopoldo Federico ou Eduardo Rovira et des poètes comme Horacio Ferrer. Avec de nombreuses formations, Piazzolla tente et réussit des combinaisons audacieuses, dont ce tango rock qu'il joue avec son Quinteto Electronico. Si la vieille garde continue d'avoir ses sectateurs en Argentine et ailleurs, la plupart des musiciens et chanteurs apparus depuis Piazzolla poursuivent un même objectif : que le tango vive éternellement jeune.

Exils et nouvel essor à Paris:

Resserrant les liens entre la capitale française et le tango, Astor Piazzolla a fréquemment élu domicile à Paris. Dans les années soixante-dix, d'autres nombreux artistes se réfugient en France, graves troubles politiques, puis dictature militaire obligent : Susana Rinaldi, Juan Cedron, Juan José Mosalini, Juan Carlos Caceres… Ces derniers, ainsi que d'autres chanteurs, musiciens et danseurs se produisent de 1981 à 1993 aux Trottoirs de Buenos Aires dans le quartier des Halles : Haydée Alba, le Sexteto Mayor… C'est aussi depuis Paris que partent en tournée mondiale des spectacles à succès tels que Tango argentino (1983).

Toujours dans la danse:

Depuis les années 1990, le tango renaît en Argentine et en Uruguay. Une Adacemia nacional del Tango est fondée à Buenos Aires et de nouveaux clubs, appelés « milongas » s'ouvrent. Les jeunes raffolent de la murga, forme afro et carnavalesque de la vénérable musique du Rio de la Plata. La danse tango elle-même continue de faire glisser les couples sur les pistes du monde entier, notamment sous sa forme sportive. Certains pays, comme la Finlande, en sont restés dingo à un point inimaginable… Tout indique que l'aventure est loin d'être finie. Dernier symptôme en date : l'excellente formule dub-électro des Franco-Argentins de Gotan Project qui permet d'aborder le tango d'une nouvelle façon. Ce groupe est originaire de Paris et séduit Buenos Aires. Alors… à suivre !

Escuelo Azul , Cuarteto Tango
Extrait: Escuelo Azul joue Piazzolla

Au violon : Corinne Massé
Au bandonéon : Christian Grimault
A la contrebasse : Denis Joëssel
A la guitare : Samuel Miralles

Contact: christian.grimault@tiscali.fr


Un sentiment qui se danse…

Escuelo Azul plonge dans le tango par ses origines : la danse.
Le Bal-Tango s’impose avec ses traditionnels valses, tangos et milongas, servis par des compositeurs que les passionnés reconnaîtront (Pulgliese, Troilo, Plaza…)

Et qui s’écoute.

Le tango devient concert avec les compositions iconoclastes du compositeur italo-argentin Astor Piazzolla (Oblivion, Escualo, Libertango, Tangazo…) réarrangées par Escuelo Azul pour la forme traditionnelle du quartet.